Le genre: apprendre à utiliser les mots outils

Capture d’écran 2016-01-17 à 15.05.49Mots outilsEt voici deux petites fiches multi-tâches! On apprend à utiliser les mots outils le, la, les (fiche 1) , un, une ou des (fiche 2). On s’entraîne à les écrire et en même temps, un peu de lecture pour lire les mots. Pas de « Maîtreeeeesse! C’est quoi çaaaa? », puisque tous les mots sont décodables à cette période de l’année (en tout cas, chez moi!).

Et les voilà même en version modifiable si vous voulez continuer le travail et me l’envoyer! 😉

Utiliser les mots outils 1

Utiliser les mots outils 2

Calcul: le passage par la dizaine

Calcul en s'aidant de 10Trois petites fiches pour s’entraîner au calcul dont le résultat est supérieur à 10. Je me suis inspirée du travail  du blog « Dans ma trousse il y a  » pour essayer de rendre plus clairs dans l’esprit de mes élèves ces calculs.

On ne peut plus compter sur ses doigts (dans tous les sens du terme), il est donc important de bien mentaliser les quantités pour arriver à passer par la dizaine. Par exemple: 6+5, c’est deux paquet de cinq, donc, une dizaine et une unité. A partir de la deuxième fiche, on demande à l’élève d’écrire seul l’addition, d’après les quantités observées.

Avant de lancer ce travail, il faut beaucoup de manipulation à l’oral (ardoise, tableau, etc.) avec et sans jetons ou cubes.

 

Les nombres de 10 à 20: s’entraîner

Les nombres de 10 à 20 CPDeux petites fiches, esprit Picbille, pour s’entraîner à reconnaître les nombres de 10 à 20, en comptant, comme dans Picbille: 15, c’est 10 + 5.

On s’entraîne donc à repérer rapidement les quantités (boîtes de Picbille dans la première partie, et groupes de 5 et groupes et 10 pour la deuxième fiche) et à associer les quantités supérieures à 10 avec leur écriture chiffrée.

 

En couleurs

IMG_3571IMG_3572IMG_3573Depuis le début de l’année, nous travaillons avec les CP sur les couleurs. Couleurs chaudes et couleurs froides (voir ici), couleurs primaires (voir là) et les mélanges de couleurs. C’est en flânant sur Pinterest que j’ai trouvé cette idée.

Après une première séance de patouille libre sur le mélange des couleurs (consigne: avec du bleu, du jaune et du magenta, vous devez « fabriquer » trois nouvelles couleurs: du vert, du violet et du orange), on peut attaquer ce travail. Sur une feuille blanche, on part de deux couleurs primaires qui vont venir se rencontrer. Bleu et jaune, par exemple: on commence à peindre un côté de la feuille en bleu jusqu’au milieu. Puis, l’autre côté en jaune, jusqu’au milieu également. Et là, on peinturlure: le jaune grimpe sur le bleu pour devenir tout vert ;-).

On fait faire cette feuille en deux exemplaires pour pouvoir, après séchage, couper une forme dans l’une des deux feuilles. On donne un gabarit aux enfants (CD, rectangle ou carré en carton), ils tracent au crayon à papier au dos de la feuille, ils découpent et, enfin, ils collent sur la feuille n°1 en veillant bien à ce que les couleurs soient inversées.

Ca rend bien, c’est très joli et c’est une autre façon d’aborder le mélange des couleurs. Comme d’habitude, je fais toujours un modèle avant pour qu’ils aient une idée d’où ils doivent aller…

Noël au CP

Alors, alors… Que font nos petits CP pour Noël?

snowman1Un truc hyper rapide: la carte de Noël. Il vous faut du papier couleur pour le fond, du orange pour le nez, des petits bouts de papier couleur/brillant pour l’écharpe, quelques paillettes ou de la colle pailletée pour le décor, de la colle, un feutre noir et….. c’est tout!

Voici le gabarit  à imprimer pour découper les formes du Bonhomme de neige: la tête et le corps sur du papier blanc, le nez sur une feuille orange ou vous laissez les élèves colorier.

Une petite finition au feutre, un « joyeux Noël » ou « Bonnes fêtes de fin d’année » écrit par l’élève, une petite déco brillante et hop, le tour est joué!

 

Capture d’écran 2014-12-14 à 19.15.09Une bricole un peu longue, mais très sympa: les boîtes fabriquées à partir de briques de lait: une idée trouvée sur le site de l’école de Crevette et des Idées de Nanoug. C’est finalement assez simple à réaliser à partir d’une brique de lait ou de jus vide et propre…

Nous, nous aCapture d’écran 2014-12-14 à 19.20.43llons cuisiner des roses des sables pour les mettre à l’intérieur. Une (très bonne) recette de Christophe Felder, simple et sans cuisson. Vous trouverez le détail ici et nous avons préparé une fiche pour les élèves, à vidéoprojeter puis à distribuer pour avoir les étapes de la recette.

 

 

74bc229f093a4eb484e3d2477478a5c8Enfin, pour la déco des fenêtres, des petits sapins à accrocher sur les fenêtres, mais je ne saurai que trop vous conseiller d’aller voir des modèles sur mon tout neuf Pinterest!

Un outil d’aide à l’écriture

Outil d'aie à l'écritureEt voici un petit outil d’aide à l’écriture des lettres et des chiffres en cursif. J’utilisais auparavant les réglettes de Lutin Bazar, que je trouve toujours aussi chouettes! Mais j’ai trouvé un modèle sur un blog US: c’était coloré, sympa, moins encombrant qu’un sous-main… Ca reprend le côté pratique des réglettes de Lutin, mais en plus fun! J’ai recréé un modèle plus adapté pour les CP.

Je plastifie, je colle ça sur le haut des tables, avec du scotch ou du papier transparent autocollant (pour couvrir les livres). Généralement, ça tient toute l’année et les élèves peuvent s’entraîner dessus au feutre d’ardoise.

Vous trouverez aussi des chouettes réglettes, adaptées pour le cycle 3 par Azraelle sur son blog.

Découvrez le blog de Traces 2 craies

De blog en blogLa CPB (Communauté des profs blogueurs) vous convie, pour cette rentrée 2015, à une sympathique petite balade de blog en blog.Traces de craies

L’occasion pour moi de vous faire découvrir de blog Traces 2 craies, blog d’une instit en grande section. Un blog très riche pour la maternelle. Je n’y connais pas grand chose en maternelle, mais ça me donne envie d’en faire!

Traces 2 craies nous propose ses progressions et des programmations à l’année, des jeux, des exploitations d’albums de jeunesse, des jeux mathématiques très sympas et très adaptés, ses humeurs (et ça, j’adore!), des tas d’outils, notamment sur la création d’un blog de classe et tout ce à quoi il faut penser. Dans ses outils, vous trouverez aussi une liste de chose à faire avant la rentrée… J’adore les listes, j’adore surtout rayer des choses de mes listes, et ici, la liste est déjà faite et on n’a plus qu’à suivre. C’est clair, complet, ça nous rappelle qu’on a oublié tout un tas de trucs!

Une très bonne idée à découvrir ici! Bonne balade.Trace de craies

Vous pouvez aussi découvrir ce que Pilina a retenu de mon blog ici

Les premiers jours au CP

La rentrée au CPVous trouverez ici mon cahier journal de la première semaine (et ici, en version open office, modifiable) pour vous donner une vision d’ensemble….

Ici, nos CP arrivent dans grande école avec beauuuuuuucoup d’élèves. Les CP arrivent de plusieurs écoles, la population est  très brassée: bref,  beaucoup de neuf pour eux.

Au commencement, l’accueil des petits bouts. Généralement, dans la cour, avec leurs parents. Première extension du temps…. Généralement, on rentre les derniers dans l’école, et j’en profite pour tout lister avec les parents : qui mange à la cantine, qui reste à l’étude, comment se prononce le prénom, si les inscriptions ont été faites en mairie, etc…. Je vois qui est là, qui n’est pas là, qui pleure, qui fait déjà des cabrioles, comment réagissent les parents. Très instructif !

Départ en meute vers la classe, avec les parents que je laisse accompagner leur enfant jusqu’à la classe. Les premiers jours, je les laisse choisir le porte-manteau (généralement, pas trop de vêtements), mais j’ai préparé une étiquette « super héros » sur la porte qu’ils doivent prendre seuls. Je suis toujours un peu en retrait, j’observe beaucoup ces nouveaux élèves.
Je les laisse s’installer où ils veulent (sauf ceux dont les parents les poussent au premier rang « Si, si, va, va! Tu écouteras mieux comme ça ! »). Ils patafixent leur étiquette sur la table, ce qui me permet d’apprendre rapidement les prénoms. Et là, je remercie les parents, et au revoir.

Pour les premières semaines, j’organise la classe de façon très traditionnelle : tables les unes devant les autres, deux par deux. Je m’assure surtout que tous les enfants ont les pieds qui touchent le sol. Au fil des jours, je réorganise très vite les places, puis, au fil de l’année, je déplace mes tables pour aller petit à petit (vers janvier), vers des tables en groupes ou en L.

Deuxième acte, les enfants, seuls. Sages comme des images, ô bonheur, je leur présente la classe, les différents coins, les cases (grande découverte). Et je me débarrasse très vite des affaires dans le cartable. On vide tout. J’explique le système de la réserve : ce qu’on garde dans la trousse et ce qu’on met dans la réserve. Première transpiration. Généralement, à ce moment là, ça jacasse plutôt pas mal, donc, regroupement pour le petit jeu du ballon.

Le principe. Celui qui a le ballon dit son prénom et quelque chose sur ce qu’il aime bien à l’école (c’est un exemple, ça peut être autre chose). Exemple :  « Je m’appelle Rita et moi, j’aime bien le jour de la rentrée avoir plein de feutres à moi. » Puis on lance le ballon à quelqu’un qui s’exprime à son tour (s’il a envie, on ne force pas).
Puis, on se compte. On varie les plaisirs, furet, les filles, les garçons, à l’envers, à l’endroit, deux par deux. Bref, je leur explique que dès la semaine prochaine, ce sera à eux de s’occuper de cette tâche (voir les rituels).
Et là, figurez-vous qu’il est déjà l’heure de sortir en récré. Je sors 5 minutes avant pour visiter vite fait la cour (très grande chez nous) et expliquer ce qu’on a le droit et pas le droit de faire.
Explication aussi de la mise en rang et de la circulation dans les couloirs (silencieuse, absolument). On marche comme des petites souris jusqu’à la sortie.

Retour en classe après la récré. Avec passage aux toilettes obligatoire avant d’entrer en classe. Déjà pour éviter les déplacements pendant les heures de classe et ensuite, pour se laver les mains (rien ne m’horripile plus qu’un gamin, les mains sales en classe).
Je passe ensuite à la présentation du rituel « Chaque jour compte » (voir ici). J’explique que le centième jour d’école, on fera une grande fête, bla bla bla, vous connaissez le refrain !
Avant la cantine, j’enchaîne avec une première petite séance de lecture sur les prénoms, un grand classique. Vous pouvez suivre la séance proposée dans le manuel Litournelle, elle est très bien faite. J’utilise mes étiquettes de prénom de super héros, plus la petite fiche que vous trouverez ici.

Après la cantine, je passe aux règles dans l’école. J’utilise les fiches de A l’entre violette que je projette sur videoprojecteur et je laisse beaucoup parler les élèves, tout en étant ferme sur la règle du « Pas tous en même temps, on s’écoute et on demande la parole ». Le but étant que tout le monde soir d’accord sur des règles communes. Ensuite, je présente mes quatre règles incontournables, qui découle de ce que nous avons vu précédemment. Puis, présentation du tableau de comportement que j’explique ici.
J’enchaîne par une petite balade dans l’école, toujours calme, j’insiste beaucoup. On visite les salles de sport, d’informatique, la bibliothèque, les classes des grands qui font peur, on fait coucou aux grands frères et aux grandes sœurs et re-passage aux toilettes.

De retour en classe, j’enchaîne sur la deuxième séance de lecture, plutôt dédiée à l’étude du code. Là encore, je suis la méthode Litournelle, mais, c’est selon. C’est plutôt calme et on commence le vrai travail de grand. Pas plus de 30 minutes… C’est déjà très long ! Surtout en milieu d’après-midi…

Je finis ma journée par la distribution du cahier de liaison et de devoirs avec diverses feuilles à remplir par les parents. Je leur en explique le fonctionnement. Je ne les laisse pas coller les feuilles le premier jour, à part une peut-être pour le plaisir d’utiliser la colle…
Puis, on termine la journée par une petite histoire au coin regroupement. J’essaie toujours de sortir un peu avant la sonnerie pour éviter la cohue du couloir et bien gérer la sortie et la « distribution » des élèves… Généralement, j’ai ma fiche remplie le matin, avec qui va où.

Jours suivants . J’accueille les élèves à l’entrée en classe à 8h20, et j’essaie toujours de leur prévoir un petit travail pendant le temps d’attente. Soit le fichier d’autonomie (que je laisse en feuilletage libre pour la découverte du premier jour), soit un petit travail (mots à recopier sur l’ardoise, par exemple, comptage, compléter une bande numérique, etc.).

Lecture : je sépare clairement l’étude du code et la lecture compréhension. L’étude du code étant pour moi comme du solfège, on fait des gammes dont on se sert ensuite pour la lecture de textes.
Je fais donc une séance d’étude du code le matin (45-50 minutes maxi) dès que tout le monde est installé. Un peu aussi l’après-midi en début d’année, histoire d’arriver vite à la combinatoire.

Je mets rapidement les enfants à l’écriture des voyelles sur un cahier ligné 4 mm. J’ai toujours 15 bonnes minutes de préparation (gym des doigts, traçage des lettres en l’air, sur la table, dans le dos du voisin, etc.). Contrairement à pas mal des mes collègues blogueuses, je ne suis pas de méthode d’écriture. On écrit ce qu’on apprend à lire, dans l’ordre de la progression de l’étude du code.

Maths : j‘attaque directement sur le fichier Picbille. Je ne fais pas d’évaluation diagnostique (oh, c’est pô bien!), parce que je repère de toute façon très vite les niveaux de mes élèves et que je n’ai pas besoin de les évaluer direct, d’autant que ça me met mal à l’aise d’être d’entrée dans ce système d’évaluation. Bref, fichier, donc. On découvre le manuel, ses personnages et on enchaîne !

Le vocabulaire de l’école : J’aime bien cette séance trouvée sur le blog de La classe de Corinne. On en remet une couche sur le matériel et je fais une affiche agrandie que je laisse en classe sur ce que je dois avoir dans ma trousse. Sur le même blog, on trouve des super fiches sur l’alphabet.

Arts visuels et EPS. Pas à proprement parler des arts, mais cette première semaine, on s’occupe de la décoration de la porte, des étiquettes de super héros, du coloriage des pages de garde des cahiers. Je distribue les cahiers au fur et à mesure, en fonction des besoins.
Je sors aussi faire des petits jeux collectifs.

Il est important de varier les activités cette première semaine : l’adaptation au CP est difficile pour les anciens GS habitués à circuler librement en classe. Il faut rythmer les journées, tout en restant cool! Pas la peine d’en faire des tonnes, les CP découvrent tout, laissons-leur le temps!

P’tits trucs de CP

Si j’ai appris un truc en dix ans de métier, c’est qu’il ne sert à rien de hurler. On s’égosille, on se ruine les cordes vocales et ça n’a souvent qu’un effet très limité. En vrac, quelques petits trucs testés pour faciliter la gestion d’une classe de CP. Ca n’engage que moi

superAnticipation
Au CP, tout est question d’anticipation et de préparation, mentale et matérielle.On annonce ce qu’on va faire pour que les enfants se préparent mentalement à la tâche, mais on leur fait aussi préparer tout le matériel en avance. Si c’est un travail sur ardoise, on prend quelques minutes pour préparer le feutre et l’ardoise (et s’assurer que le feutre fonctionne!). Si c’est un travail sur fichier ou sur cahier, on taille son crayon, si c’est un travail avec crayons de couleur ou feutres, faire préparer toutes les couleurs avant. Ca libère l’esprit, et pas que, pour le moment où l’on va expliquer la consigne.

Concentration
Dur d’obtenir des petits CP concentrés… Dur surtout de les garder concentrés une bonne partie de la journée !Perso, je me pose devant eux (debout devant le tableau) ou derrière (debout au fond de la classe) ou au milieu (debout à côté d’un élève et j’attends. Si le silence ne vient pas, je circule dans les rangs, un doigt sur la bouche. Je fais les gros yeux aux bavardeurs. Je leur dis qu’on va commencer à travailler et qu’on a besoin de silence (en chuchotant, pour leur montrer l’exemple). Il existe plein de petits exercices de relaxation, de gym des doigts très utiles en début d’année. Il faut que tous les enfants soient disponibles quand on veut avoir leur attention : non occupés, bien assis, tables rangées, c’est un préalable indispensable. Je ne commence jamais une séance si je n’ai pas leur 25 paires d’yeux sur moi…

athlete(1)Circuler
Jusqu’au mois de décembre, je ne pose quasiment pas une fesse sur ma chaise de bureau ! Je circule tout le temps entre les élèves. En phase collective de travail sur ardoise (étude du son ou calcul mental par exemple), par exemple, je passe dans les rang, un coup je suis devant le tableau, un coup au fond de la classe, je remets les agités droits sur leur chaise… En phase de travail individuel, je passe voir tout le monde, je corrige, je réexplique, je refais faire, j’aide…. Et je remets les agités en place sur leur chaise ! Si je n’ai pas le temps de corriger tous les fichiers pendant la séance, en direct, je fais poser sur une table et je remets la correction à plus tard, plutôt que de leur faire faire la queue à mon bureau.

coachDifférencier

Voilà comment une séance de lecture/d’étude du code peut partir en vrille : quand il n’y a pas de différenciation. Passer 20 minutes à lire des mots, attendre son tour, écouter les autres bégayer, perdre le fil, partir dans ses rêves… J’ai appris à voir comment ces moments pouvaient être inintéréssants pour les élèves performants, qui décrochent donc et font décrocher les autres, et très pénibles pour moi. Donc, très vite, je fais des groupes de lecture : les moins forts avec moi, en décodage pur, les autres, en autonomie. Quand j’ai fini avec un groupe à qui je laisse un travail, je passe aux autres. Je ne m’étale pas sur le sujet, mais au CP, c’est vraiment la clé de tout…

Ritualiser

Gagner en autonomie est un des challenges du CP. Pour ça, rien ne vaut, à mon avis, la ritualisation des activités. On sait ce qu’on fait, à tel moment, donc, on alarmclock(1)s’organise en fonction. On se prépare mentalement à faire de la lecture ou des maths, donc, on est forcément plus disponible, parce qu’on sait ce qui nous attend. Je sais que les IMF ou conseillers pédagogiques n’aiment pas les fichiers (maths ou lecture), pourtant, je trouve que la structure même de ces fichiers donne un fort élan à l’autonomie : la répétition des exercices, la formalité de la présentation, la présence des repères, etc. Mais bon, c’est un autre débat !

Faire soi-même

Alors certes, l’autonomie c’est bien, mais allons-y mollo quand même ! Personnellement, j’aime que le cahier du jour soit propre et net. Donc, je colle moi-même les petits exercices que je pique ici et ici, par exemple. D’une part, je personnalise (tous les élèves n’ont pas le même exercice) en fonction des capacités et d’autre part, ce n’est pas collé n’importe ou au milieu du cahier, la tête à l’envers ! Il y a beaucoup de choses que je prépare moi-même, en arts visuels, par exemple. C’est du temps gagné, quelques crises évitées et la plupart du temps, mon but n’est pas qu’ils sachent transvaser de la peinture dans un pot ou laver des pinceaux…

medalGomettes

Alors, les CP a-do-rent les gomettes ! Ils les adorent ! D’encouragement, de félicitations, ils se roulent par terre pour une gomette !:-) A utiliser avec parcimonie, donc ! Donc, régulièrement, je décide de m’armer de gomettes, comme ça. Un élève qui a fait de supers efforts pour écrire, hop, une gomette dans le cahier, une poésie super bien illustrée, hop une gomette, etc. Je fais aussi des concours : champion de rapidité pour écrire les devoirs par exemple. Je sélectionne 3 ou 4 élèves et s’ils arrivent à écrire leurs devoirs dans le temps imparti, hop une gomette ! Evidemment, je m’arrange pour faire passer tout le monde. L’autodictée aussi est pourvoyeuse de gomettes ! Une autodictée sans erreur, hop, une gommette ! De préférence, brillante, belle et colorée….

Le rang

Ah, le rang… On en passe du temps à exiger un rang ! Perso, je n’exige jamais qu’ils se donnent la main, mais au moins qu’ils soient rangés, histoire de se déplacer indexsereinement et de pouvoir les compter rapidement. Je ne les lâche jamais : du début à la fin du rang, de la cour à la classe. Même si je bavarde avec une collègue, je remets dans le rang, je les ai tous à l’oeil. A l’arrivée, je suis devant la porte pour surveiller le couloir et la classe. J’exige qu’ils soient calmes avant de rentrer en classe. S’il y en a un qui court, il ressort et recommence le trajet. Je ne crie pas pour les faire mettre en rang, ça ne sert à rien. Je me déplace, les prends par la main pour aller les ranger moi-même. Les chefs de rang m’aident dans cette tâche. Ca peut durer jusqu’à la fin de l’année, mais c’est pas grave, je rentre dans l’école déjà dans de bonnes conditions.

Les toilettes

Je n’aime pas les déplacements aux toilettes pendant les heures de classe : c’est loin, il y a des escaliers, je ne sais jamais ce qui peut arriver… Bref, je limite au maximum, sauf si c’est vraiment indispensable. Je passe donc aux toilettes après chaque récré en précisant bien qu’il va falloir tenir jusqu’à la prochaine. Ce me pompe 10 minutes de temps, parfois, mais c’est pas grave. Ca marche très bien : je n’ai eu que très rarement des accidents et très peu d’enfants qui sortent pendant la classe.

Les tables

Rien sur les tables. Ou en tout cas, le moins possible. Les trousses sont rangées dans les cases, on ne sort que ce dont on a besoin. Les règles sont gardées en classe, dans une boîte et distribuées quand on en a besoin (penser à écrire le prénom). Le moins de choses possible dans la case, on garde les cahiers dont on se sert le moins, dans un coin de la classe. Je fais ranger les tables à chaque début d’activité pour qu’il y ait le moins de distraction possible.

penLa réserve de matériel.

Tout le matériel demandé est stocké dans des sacs plastique (congélation) au nom de l’enfant, dans une caisse dans un coin de la classe. Les élèves ne gardent que le strict nécessaire.J’explique le fonctionnement de tout, dès le premier jour : tube de colle, taille-crayon, etc. Si un élève continue de jouer avec sa colle ou son taille-crayon au bout de trois-quatre jours, je confisque. Il vient chercher sur mon bureau en cas de besoin.Je donne aux enfants le matériel dont ils ont besoin au fur et à mesure dans leur réserve (ensuite, c’est un élève responsable du matériel qui s’en charge) et je préviens les parents de renouveler dès qu’on arrive au dernier crayon ou tube de colle de la réserve. Il est marqué avec du scotch de couleur (en magasins de bricolage). Tubes de colle, feutre ardoise, taille crayons, feutres et crayons de couleur. J’essaie de responsabiliser très vite les enfants pour qu’ils comprennent que ce matériel doit servir à tous. De temps en temps, s’il n’y a pas mes 5 tubes de colle dans la réserve de classe, je demande : « Tiens ! Qui a gardé un tube de colle ? Il faudra le ranger, quelqu’un pourra en avoir besoin… » Cela dit, je ne tiens pas de comptabilité et si un élève ne rapporte toujours pas de tube de colle, je lui en donne un.

S’asseoir correctementimages

C’est dur et ça prend du temps. Mais c’est la base de tout. Une bataille de toute l’année, mais ne jamais lâcher là-dessus. On est assis sur ses fesses, le dos contre le dossier de la chaise, les pieds au sol. Au début de l’année, je joue un peu : Allez, on pose ses pieds par terre, on vérifie ses fesses, son dos, ses mains ; etc. »

Une seule consigne à la fois

Personne n’est multitâche. Un élève de CP ne peut pas écouter une consigne et la comprendre s’il n’est pas 100% disponible. Ca ne sert à rien de dire : « Rangez votre votre cahier, sortez votre fichier de mathématiques, ouvrez-le à la page 54 et prenez un crayon de papier. » Il y en a dix qui vont le faire et on va s’énerver avec les autres : « Quel fichier maîtresse ? Quelle page ? Avec quoi on écrit ? ». Bref… Par étapes. J’utilise souvent les doigts de la main. 1 : on range son cahier. Et j’attends. 2 : on sort son fichier de maths. Et j’attends encore. 3 : on l’ouvre à la page 54 (j’écris au tableau). 4 : on prend son crayon de papier. 5 : on s’asseoit correctement.Et là, la séance peut commencer…

Occupation

bookRien de pire qu’un CP non occupé ! Je déteste dire aux élèves d’attendre que tout le monde ait fini, même si ça m’arrive quand je suis vraiment exaspérée . Et je ne suis pas spécialement pour, non plus, donner du travail en plus. Ils savent qu’ils peuvent s’occuper, à condition que ça reste calme : lecture au coin regroupement ou à sa table, fichier d’autonomie ou activité en autonomie, coloriage libre dans un cahier. Pas la peine de faire compliqué. Ca permet aux moins rapides de finir tranquillement, à moi, d’aider ceux qui en ont besoin et aux autres, d’être occupés, de souffler un peu et de pas être frustrés…

 

angryRéfléchir avant de hurler

Oui, ça peut être exaspérant un élève de CP. Mais mettez-vous à sa place deux minutes… OK, il n’a pas écouté la consigne, OK, il bavardait, OK c’est toujours la même chose. Mais il faut comprendre les efforts qu’on leur demande à longueur de journée. Si Lulu refait la même erreur cinq fois de suite, plutôt le prendre à part pour lui expliquer ce qui ne va pas que de lui balancer un « Evidemment ! T’as encore raté ton exercice ! ». Si Toto redit pour la dixième fois « Je sais pas ce qu’il faut faire ? », plutôt que de s’énerver sur lui, déléguez à un autre élève la tâche d’expliquer l’exercice à Toto, si Lala fait des cabrioles dans le couloir au lieu de se ranger pour la douzième fois de la semaine, prenez-là par le bras et isolez-là au fond du rang, en expliquant « Tu n’es pas capable de te ranger, tu restes là », plutôt que vous égosiller sur elle pour qu’elle se range, sans que ça n’ait aucun effet. On peut très vite avoir des propos blessants, parce qu’on est énervé. Sur un gamin de 6 ans, ça a un impact non négligeable. Donc, évitons. Je demande souvent à mes élèves de réfléchir avant de parler, j’essaie de faire pareil !

Timer

On ne le dira jamais assez : oui, un enfant de CP zappe. Et bien, il faut faire avec. Il faut extrêmement « timer » les activités : une séance d’écriture, c’est 10-15 minutes maxi, tant pis si Max et Lili n’ont pas terminé, ils font ce qu’ils sont capables de faire dans ce temps-là. La phase orale d’une séance d’étude de code doit aller vite. Les séances sur ardoise génèrent beaucoup d’agitation : il faut être rapide et efficace. Dans un exercice type : « J’entends/j’entends pas », je fais écrire la lettre d’un côté de l’ardoise et la lettre barrée de l’autre côté. On pose le feutre et là, on y va. Il n’y a plus qu’à retourner l’ardoise du bon côté, ça dure 5 minutes. Une séance collective de lecture doit être hyper rythmée en début d’année : travail collectif, puis individuel, puis bilan, tout ça en 45 minutes grand maxi !

mateTravail entre pairs

J’aime beaucoup déléguer mon travail aux élèves ! J’ai remarqué que les élèves (enfin certains) adorent « aller aider ». Et je ne m’en prive pas. Je leur explique qu’il ne faut pas faire à la place, mais expliquer… J’ai observé et ça marche du tonnerre ! Souvent, le fait que des élèves réexpliquent avec leurs mots permet à d’autres de mieux comprendre, d’être moins stressé et finalement d’y arriver. C’est également très valorisant pour ceux qui font « la maîtresse » ou « le maître ».

 

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